HOMMAGE A ERNEST BIDET

Ernest BIDET, né à Lapeyrouse (63) le 21 décembre 1917, est fils d'un employé de chemin de fer.

En 1943, il est apprenti boucher à Montluçon et rêve de s'installer à son compte.

.Refusant de partir au Service du Travail Obligatoire en Allemagne, et ne voulant pas compromettre sa famille, il rejoint le maquis de Chatel-Montagne en Montagne Bourbonnaise, dans les bois du lieu-dit "La Pourière" début novembre 1943. Le 4 février 1944 à la suite de la dénonciation d'un milicien ayant infiltré le réseau, alors que leur groupe devait saboter plusieurs locomotives en gare de triage de St Germain des Fossés le 9 février, le maquis est cerné par 200 G.M.R. (Groupe Mobile de Réserve). Les 22 maquisards sont conduits à la prison de Cusset, puis écroués à la Maison d'Arrêt de Riom. Les gardiens français, plus durs que les allemands, laissent les provisions apportées par leur famille (pain et pommes de terre bouillies) moisir avant de leur donner, provoquant de graves troubles digestifs. Il est ensuite transféré au camp de Compiègne, puis part le dimanche 2 juillet 1944 pour Dachau : 4 jours de voyage, 923 morts étouffés dans les wagons. Dans son wagon, 105 hommes se partagent 1 litre d'eau à Reims. Le convoi s'est appelé "le convoi de la Mort". Sur les 2 432 déportés du convoi, seuls 250 seront encore vivants à la Libération.

.Il supporte la captivité à Dachau jusqu'en mai 1945, mais il est très faible, le typhus se répand parmi les prisonniers. Il est hospitalisé à l'hôpital St Joseph, puis au pavillon des Diaconesses de l'hôpital militaire de Spire H.O.E. 411 et meurt le 15 mai 1945 quelques jours après la libération du camp.

Il est inhumé au cimetière Français de Spire. Son corps sera ramené plus tard à Lapeyrouse où il repose dans le caveau de famille. Le grade de Sous-lieutenant des Forces Françaises Combattantes Libres lui est décerné à titre posthume en avril 1947, puis la Croix de Guerre, la Légion d'Honneur le 27 avril 1960 et la médaille de la Résistance Française le 25 janvier 1961.

.Une stèle est érigée à La Pourière. A la suite d'une erreur son nom n'y figure pas.

N.B. Un monument situé près de la gare de Montluçon rend hommage à la manifestation contre le STO organisée par les communistes le 6 janvier 1943, toute première en France.

Une description du maquis est faite dans le livre d'André Sérézat "Et les Bourbonnais se levèrent" (Editions CREER 63340 Nonette Forum Massif Central), avec notamment la liste des 22 maquisards remis aux Allemands par les policiers français.

Robert MASSET, survivant du Convoi de la Mort, témoigne dans "A l'ombre de la Croix Gammée (de l'Indre au Neckar via Dachau)" imprimerie Langlois Argenton sur creuse. "L'Allier dans la guerre 1939-1945" de Jean Débordes (Editions Gérard Tisserand Diffusion De Borée mai 2000) évoque aussi la destruction du maquis de Chatel-Montagne, ainsi que le lynchage du dénonciateur Georges Gouverneur lors de l’épuration : pendu par les pieds à un lampadaire à Cusset, puis emmené, jugé à Moulins, condamné à mort. Il fait appel, et est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Relaxé en 1970, il meurt en 1984 dans l'Isère.