Appel du 18 juin 1940: Pensée pour Nicolas D'Estienne D'Orves et Hommage à Honoré d’Estienne d’Orves

Honoré d’Estienne d’Orves, polytechnicien, capitaine de corvette était le chef du Deuxième Bureau de la France Libre.

En cette fin d’année 1940, il décida de se rendre en France, après que ses trois premiers agents fussent en place, afin de coordonner leurs efforts, d’organiser leurs transmissions et de recruter à Paris « des hommes de premier plan. » En décembre 1940, d'Estienne d’Orves débarque à Plogoff avec son radio, Marty, et un poste émetteur.

Il part aussitôt pour Paris sous la fausse identité de Jean-Pierre Girard afin de rechercher, en s’adressant à des amis sûrs, les premiers éléments de son réseau. Il sera arrêté le 21 janvier 1941. En moins d’un mois, il n’aura pas perdu son temps, D’Estienne D’Orves a déjà passé une masse importante de renseignements : l’emplacement des Q.G. allemands dans les différents châteaux des environs de Nantes, les emplacements précis et les plans des dépôts d’essence et d’huile, les sous-marins allemands se trouvant à l’Arsenal de Lorient et bien d’autres informations capitales sur des emplacements stratégiques allemands.

Un témoignage de la dernière nuit d’Estienne d’Orves nous est parvenu. Un témoignage d’Agnès Humbert qui s’est retrouvée dans la cellule voisine d’Estienne d’Orves, je la cite :

« Il me donne des instructions, me charge de remerciement à faire de sa part à un officier de Marine en retraite qui habite Égypte et que j’ai connu autrefois. Malgré tout nous plaisantons, nous nous décrivons physiquement l’un à l’autre, afin de n’être pas déçus lorsque nous nous verrons chez moi… après, lorsque nous nous rappellerons de tout cela. Car je ne veux pas croire, non, je ne veux pas croire qu’il sera exécuté, et je sens que ça l’amuse d’entrer dans le jeu, de penser à cet avenir qu’il ne verra peut-être pas… »

Marty son radio l'a trahi. Petite précision historique ce Marty n'a rien à voir avec André Marty qui organisa une mutinerie afin d'entrer dans le port d'Odessa... en 1919.

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