Le testament de M. Albert Camus et le discours de réception du Prix Nobel 1957

Le premier homme

" En somme, je vais parler de ceux que j'aimais ", écrit Albert Camus dans une note pour Le premier homme. Le projet de ce roman auquel il travaillait au moment de sa mort était ambitieux. II avait dit un jour que les écrivains " gardent l'espoir de retrouver les secrets d'un art universel qui, à force d'humilité et de maîtrise, ressusciterait enfin les personnages dans leur chair et dans leur durée ". Il avait jeté les bases de ce qui serait le récit de l'enfance de son premier homme ". Cette rédaction initiale a un caractère autobiographique qui aurait sûrement disparu dans la version définitive du roman. Mais c'est justement ce côté autobiographique qui est précieux aujourd'hui. Après avoir lu ces pages, on voit apparaître les racines de ce qui fera la personnalité de Camus, sa sensibilité, la genèse de sa pensée, les raisons de son engagement. Pourquoi, toute sa vie, il aura voulu parler au nom de ceux à qui la parole est refusée.



Quelques politiques ou certains responsables ferraient peut-être bien d'écouter ces bons mots d'Albert Camus.

"(...) Si je le trouve parfois dur, c'est qu'il s'exerce principalement dans ces affreuses sociétés intellectuelles où nous vivons, où l'on se fait un point d'honneur de la déloyauté, où le réflexe a remplacé la réflexion, où l'on pense à coup de slogan et où la méchanceté essaie trop souvent de se faire passer pour l'intelligence. (...) Je vis comme je peux  dans un pays malheureux riche de son peuple et de sa jeunesse, provisoirement pauvre dans ses élites." Un discours toujours actuel ?  Il semble que les politiques, pourtant avertis, y soient insensibles... Et, tout autant indifférent au discours de Victor Hugo à l' Assemblée nationale  lors de la séance du  9 juillet 1849 ? 


     


Discours de réception du prix Nobel,1957 de M. Albert Camus 
 

Victor Hugo : La folie des grandeurs des Ministres