TOURISME ET RANDONNÉE À CHAPEAU UN VILLAGE DE L'ALLIER

TOURISME ET RANDONNÉE À CHAPEAU UN VILLAGE DE L'ALLIER

L'emblématique Restaurant le Saint Hubert à 03 Chapeau
La visite des villages et pour l'auteur de ces lignes, une manière de mieux connaître les villages du Bourbonnais, ces villages souvent traversés sans s'en qu'on s'y arrête :  on part depuis de son domicile pour s'en aller dans les villes principales de notre département comme Moulins, Lapalisse, Vichy ou Montluçon, où se trouvent les sièges de nos administrations, les lieux de nos loisirs, etc. On se dépêche de transporter un ami à la gare SNCF ou on roule à vive allure pour arriver en temps et en heure à son lieu de travail, sans pouvoir prendre le temps de s'arrêter dans nos villages. Ainsi va la vie. 


Ces articles sur notre patrimoine sont destinés, aux personnes qui désirent, le temps d'un weekend, le temps des vacances, de découvrir notre magnifique région.

En se baladant dans nos villages, en prenant du temps, en plus d'être étonnés par les paysages, les monuments, on s'enrichit grâce aux nombreuses  rencontres avec les habitants, qu'ils soient gérants de gîtes, commerçants, Anciens habitants toujours heureux de raconter l'histoire de leur village.

Je vois parfois briller leur yeux quand ils racontent une anecdote. Lorsqu'ils me racontent, l'histoire d'un bâtiment, d'une rue autrefois riche des ses artisans. Être  réveilleur de souvenirs est peut-être une des plus belles activités ... N'est-ce pas ?  C'est dans cet état d'esprit que j'ai visité Chapeau.

Le bourg de Chapeau et son étang
Chapeau est un magnifique village de l'Allier qui s'étend sur 33,42 km²  et compte environ 230 habitants. Ils sont appelés les Chapeautois et les Chapeautoises.   

Le village est entouré par les communes de Mercy, Neuilly-le-Réal, Thiel-sur-Acolin, Montbeugny, et Vaumas. Et il est traversé par la rivière l'Acolin qui prend sa source à Mercy et qui se jette dans la Loire, dans le département de la Nièvre à Avril-sur-Loire.

L'étang est affectueusement entretenu, c'est le centre du village voire du monde, un lieu paisible idéalement aménagé pour les familles, on peut se balader le long des berges sur des chemins fleuris, pêcher la carpe, le gardon, la perche commune, la perche soleil, le black-bass, le brochet ou la sandre, et pour les enfants, jouer dans l'aire de jeux et chiner quand l'heure des brocantes est arrivée.

De belles tables nous attendent pour piqueniquer, lire, se relaxer dans cet endroit paradisiaque. D'un côté nous une avons une vue sur l'eau, d'un autre on peut apercevoir un château, l'église, le bleu du ciel et toutes les couleurs que nous offrent la nature.    

Chapeau où une certaine idée du bonheur

L'église Saint Barthélémy et Saint Gènes...

... est un petit édifice roman du XIIe siècle à nef unique sans bas côtés. Le portail à tympan moderne s’ouvre dans un avant-corps de maçonnerie surmonté d’un glacis et entouré de deux voussures retombant sur des colonnettes.
L'église Saint Barthélémy et Saint Gènes
Vue depuis l'autel de l'église

 Le cygne  symbole de la monarchie

"L'Angleterre fut très certainement à l'origine de cette tradition aristocratique. Les cygnes royaux y figurent pour la première fois dans des écrits du Xème siècle. A compter de 1482, la noblesse insulaire accède au droit de propriété du prestigieux volatile. Elle est tenue de marquer ses oiseaux ; tout cygne n'arborant pas les armes de son propriétaire étant considéré comme patrimoine du roi d'Angleterre.

En France, une ordonnance royale de 1684 précise les modalités de protection de l'espèce sur la Seine et ses affluents. Peu avant la révolution, une cérémonie de partage des jeunes cygnes avait officiellement lieu chaque année entre évêques, abbés et membres de la Noblesse. Ici et là, dans les cahiers de doléances qui précédèrent de peu les événements de 1789, le cygne apparaît nommément parmi la liste des privilèges dont le Tiers-État réclame l'abolition."  Source : Le Courrier de la Nature, revue de la Société Nationale de Protection de la Nature.
Les cygnes de l'église Saint Barthélémy et Saint Gènes de Chapeau


Un autre point de vue sur la symbolique du cygne 

Oiseau blanc, le cygne est absent de la Bible mais joue un rôle important dans la mythologie gréco-romaine et dans les mythologies de l’Europe du Nord et du Nord-Ouest. Le Moyen Âge chrétien reçoit à son sujet un héritage symbolique multiforme qu’il fait fructifier sur plusieurs terrains : celui de la blancheur et de la pureté ; celui du chant et de la mort ; celui de la métamorphose, surtout. Être changé en cygne est fréquent dans les légendes germano-scandinaves et dans tout un ensemble de traditions lotharingiennes. À ces dernières, se rattache l’histoire du chevalier au cygne, présente dans les chroniques dès la fin du XIe siècle et dans de nombreux textes littéraires quelques décennies plus tard. Elle réunit à elle seule les différents aspects de la symbolique de l’oiseau. En jouant sur les mots, les traditions de l’époque féodale font de ce mystérieux chevalier au cygne (miles cygni) le grand-père de Godefroy de Bouillon, héros de la première croisade (miles signi crucis), et inscrivent sa légende dans le patrimoine mythologique de la Maison de Boulogne, l’une des plus puissantes d’Occident. Source : École pratique des hautes études (EPHE)

Le Château de la Cour-en-Chapeau

Cette église est proche du château de la Cour-en-Chapeau construit au XV ème siècle, ce château était au départ une forteresse médiévale:  " En 1462, le fief devient propriété de Hugues de Buyat qui fait construire le château sur deux mottes contiguës, l'une portant l'habitation, l'autre les dépendances. Ces constructions étaient isolées par des fossés en forme de 8." Source : Ministère de la Culture

Chapeau - Le château de La Cour XVe siècle
Le domaine de la Cour a successivement appartenu à Michel Cadier, trésorier général du Bourbonnais ; Antoine Verne (1585), conseiller général et trésorier général des finances royales ; aux Mégret, fonctionnaires royaux à Moulins ; aux Feydeau (jusqu'en 1758). François-Bernard des Crots d'Estrées fut le dernier seigneur de la Cour en Chapeau. Acquis par un industriel lyonnais en 1811, il fut revendu en 1823 aux Tortel. C'est une propriété privée et il est en cours de restauration (2017).

Chasse et randonnée

Interdiction ramassage des champignons pendant l'ouverture de la chasse
Relativement proche du Domaine des Sallards, le village de Chapeau se situe, en effet, à environ 8 km du centre de la Fédération départementale des chasseurs de l'Allier. Chapeau est de ce fait et par sa situation géographique par rapport aux grands axes routiers, un lieu privilégié pour de nombreux chasseurs qui viennent des quatre coins de la France pour assouvir leur passion, notamment au domaine de chasse privée du Puyet, et ailleurs dans la commune.

Mais comme indiqué sur ce panneau, mieux ne vaut pas cueillir les champignons pendant l'ouverture de la chasse et, à plus forte raison, de ne pas se balader dans les bois pendant cette période...


La ferme des Mayences à Chapeau
   
En 2016, Sébastien Joly de la Vernelle, nous a offert son reportage émouvant avec des photographies montrant la grande solennité de la cérémonie en souvenir des fusillés du 5 septembre 1944 à la ferme des Mayences.

Contexte et déroulement du massacre du 5 septembre 1944

Le 2 septembre, le groupement Thiolet reçoit en renfort les escadrons 1/2, 3/2, 2/6. Mis à la disposition du groupement F.F.I. du lieutenant-colonel Colliou (Roussel) il participe aux opérations qui aboutissent le 12 à la libération de l’Allier. Les escadrons se rassemblent à Bessay-sur-Allier d’où ils entament leur progression vers le nord.
Mémorial à Montbeugny près de la ferme de Montedoux - Second World War - Allier - France
Le 5, ils attaquent les colonnes ennemies sur le G.C. 12 et poussent sur la nationale 73, à l’est de Moulins où l’escadron 2/4 harcèle l’ennemi et fait 10 prisonniers. Sur le G.C. 12, l’escadron 1/2, vers 11 h 30, est pris sous le feu allemand. Les escarmouches se poursuivent jusqu’à 14 heures en lisière de la forêt de Chapeau. Une patrouille motocycliste du 2/2, en reconnaissance dans le bois de Chapeau, près de la ferme de Montedoux, tombe dans une embuscade. Deux gardes, Astruc et Lamarie, échappent à la capture. Les cinq autres, prisonniers (Noveillini, Delichère, Bianchéri, Guérin, François), sont fusillés sur-le-champ. Une action est décidée dans le secteur, pour délivrer, du moins l’espère-t-on, les gardes dont on n’a pas de nouvelles. Y participent les escadrons 3/2, 4/2, 5/2, et le peloton du 2/2.

Noms des fusillés
En provenance de Neuilly-le-Réal, le détachement du lieutenant Collet, du peloton 2/2, arrive à 14 h dans la ferme au lieu-dit « Les Mayences », à un kilomètre de Montbeugny. En ce jour de battage, une activité fébrile règne à l’exploitation. Le lieutenant Collet se renseigne. On lui signale la présence des Allemands à Montbeugny. L’ennemi effectivement s’y trouve. Mais l’officier ignore que ses guetteurs, postés dans le clocher de l’église, viennent de repérer ses hommes. Déjà, une colonne se dirige vers eux. Au moment où le lieutenant Collet donne l’ordre aux gardes de quitter les lieux, les assaillants surgissent de tous les côtés.
la ferme au lieu-dit « Les Mayences »
Dès que la fusillade se déclenche, les gardes se précipitent dans les dépendances de la ferme. Depuis des emplacements de fortune, ils répondent avec toutes leurs armes au déluge de feu qui s’abat sur eux et stoppent les assaillants dans leur élan. Le détachement, complètement encerclé, se défend avec acharnement. Plusieurs blessés gisent sur le sol. Au fil des minutes, les munitions s’épuisent. Bientôt elles font complètement défaut. Avant que les Allemands ne se ruent sauvagement sur leur proie, trois hommes, le chef Villepinte et le garde stagiaire Pollart qui ramène à dos l’aspirant Vallon blessé, parviennent à se dissimuler et à sortir de la nasse. 

Au combat, succède la barbarie. Les Allemands, au mépris de la Convention de Genève, alignent les prisonniers dans un pré puis les abattent d’une balle dans la nuque. Trois ouvriers agricoles subissent un sort identique. Le pillage de la ferme commence. Le détachement ennemi embarque son butin à bord du véhicule des gardes et s’éloigne des lieux.

( NDLR: Dans les faits , ils ont été alignés contre le mur de la dépendance, Hubert Brérot (février 1931-novembre 2016) se souvient : "J'avais 13 ans, j'ai été épargné, j'ai été repoussé dans la maison avec les femmes. Deux ouvriers et un ami qui avaient la malchance de se trouver là ont été fusillés aussi." Selon son fils, Alain Brérot, il a eu la vie sauve car il ne faisait pas son âge.) 
Lieu d’exécution à la ferme des Mayences, le 5 septembre 1944
Le peloton de l’adjudant Creix du 2/2, en se portant vers le secteur d’où provient le bruit de la fusillade, perd deux gardes. Un peloton du 3/5 s’en approche par Chapeau-Yzeure et l’escadron 5/2 par la route Chapeau-Montbeugny. Des feux nourris d’armes automatiques et de mortiers retardent le mouvement de ces unités qui n’arriveront sur les lieux du drame qu’après le départ des Allemands.

Au cours des combats qui viennent de se dérouler, le groupement Thiolet déplore 20 tués et 3 blessés (peloton 2/2 - lieutenant Collet, chef Fourcade, gardes Trabaut, Deboille, Ponsen, Barthel, Blaise, André, Deldique, Feraud ; escadron 3/2 - gardes Copienne, Cassan, Rolland, Noveillini Lebaut, Borgia ; escadron 4/2 - chef Delichère, gardes Biancheri, Guérin, François).
Nom des victimes du peloton 2/2
Le 6 septembre à 16 h, une escorte transfère à Vichy les corps des victimes, à l’exception de celui du garde Noveillini qui ne sera retrouvé que le 8 septembre. Le garde Flandin, de l’escadron 1/2, dans son carnet de route, témoigne des atrocités subies par ses camarades disparus : 

 « Dans l’après-midi, alors que je lisais, deux camionnettes du 3e escadron sont arrivées à Neuilly-le-Réal. En m’approchant j’ai vu les corps de nos camarades horriblement massacrés, certains avaient les membres sectionnés, le ventre ouvert, le crâne défoncé et tous sans bijoux ni portefeuille, ni papiers. Ils étaient tombés sur une unité où il y avait beaucoup de Mongols, mercenaires, de vrais barbares pires que les SS. »
Mémorial à la ferme des Mayences
À Vichy, les obsèques des victimes donnent lieu à une émouvante cérémonie. Le libellé de la citation décernée au lieutenant Collet illustre l’action courageuse de son détachement. Comme lui, tous les gardes sont décorés à titre posthume :

« Le 5 septembre 1944 à Montbeugny (Allier), complètement encerclé avec son peloton par un ennemi supérieur en nombre, a succombé avec tous les siens après une lutte ardente de plus d’une heure et demie, galvanisant ses gardes par son courage tranquille et son mépris absolu du danger, a combattu jusqu’à l’épuisement de ses munitions, servant lui-même une arme automatique et infligeant à l’adversaire des pertes sévères. Restera un exemple vivant de bravoure et d’abnégation. »

Source : La Garde sous Vichy,  parut en 1997 et écrit par le  Colonel de gendarmerie Claude Cazals (1930-2010), Claude Cazals et le fils de Marcellin Cazals (1905-2001) gendarme, maréchal des logis-chef et commandant de la brigade du Malzieu, Résistant et  Juste parmi les nations.

Je remercie Monsieur Alain Brérot pour sa gentillesse, son accueil et pour la liberté qu'il m'a donnée afin que je puisse photographier ses lieux remplis de souvenirs.

Le village de Chapeau en quelques images


Gîtes

Aujourd'hui, les choses ont évolué autrement, nous vivons dans un département  paisible et nous pouvons voir un tourisme se développer. pour le plus grands plaisirs des randonneurs, des touristes des hommes d'affaire, et des jeunes mariés qui vivent leur lune de miel dans certains châteaux transformés en luxueuses maisons d'hôtes comme par exemple le château de Chevennes construit au XVIIe siècle sur une motte féodale.



Le site web du château est à voir absolument: Château des Chevennes

Un autre gîte plus modeste se trouve non loin du château, le gîte des Aubraux, une ancienne étable de la ferme entièrement restaurée et aménagée en 2 gîtes contigus. Site : Gîte des Aubraux

Gîte des Aubreux

La famille Tredez, apiculteurs à Chapeau

La famille Tredez est connue pour avoir restauré une formidable maquette représentant un réseau de chemin de fer. Cette famille a en effet acheté une impressionnante maquette exposée dans l'ancienne gare de Saint-Pourçain-sur-Sioule où habitait son concepteur et ami de la famille, Monsieur Pascal Galicier.  L'ensemble des maquettes représentant divers tableaux de la vie d'une cité bourbonnaise est aujourd'hui exposée dans une salle près du musée de la mine, à Noyant.  

L'exposition permanente du Palais de la miniature se trouve au 31, rue de la Mine à 03210 Noyant-d'Allier. C'est ouvert du 1er juillet au 1er octobre.


La maison de nos apiculteurs est située le long de la départementale 53 (D53) dans le bourg de Chapeau, on y trouve du miel de sarrasin, du miel de sapin ou du miel de tournesol et du pollen. Pour plus d'informations vous avez la possibilité de les contacter au 06 79 91 56 32.

La Mairie de Chapeau dans l'Allier
La mairie est un magnifique bâtiment avec une horloge. Elle se situe sur la route de Thionne. On peut encore voir sur les ailes du bâtiment, l'école des filles et celle des garçons...

J’espère que vous avez apprécié ce petit reportage où il manque beaucoup d'images, de présentations de lieux et de descriptions d'anciens bâtiments.  Mais je vous laisse les découvrir lors de vos loisirs...




Si vous avez aimé cette présentation du village de Chapeau, n'hésitez pas à la partager, merci à Vous.

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