MONTOLDRE | LA LÉGENDE DE LA PIE VOLEUSE


Vue du château de la Gayette

Un peu d'histoire  


Animés des sentiments d'une vive piété, et pénétrés d'une ardente charité pour les pauvres, François de Pingré, chevalier, seigneur de Farinvilliers, Gravelle, Gayette et autres lieux, conseiller du Roi en son grand conseil, et dame Catherine Pépin, sa femme, offrirent à Dieu le château et la seigneurie de Gayette, située près de la petite ville de Varennes-sur-Allier (Montoldre), et firent donation de cette seigneurie aux Frères de la Charité, pour y établir un hôpital de leur ordre. 

Le contrat de fondation, du 24 janvier 1694, reçut l'approbation du roi par lettres patentes du même mois, enregistrées au parlement de Paris le 14 mars 1695, et il y eut d'abord, dans cette maison, douze lits pour recevoir les pauvres malades, et six religieux pour les soigner.

Ces religieux étaient chargés en outre de faire, sur les revenus de la fondation, a certaines époques marquées, des distributions de grains aux veuves, aux orphelins, aux nécessiteux, et le fondateur leur avait encore imposé l'obligation de pourvoir à toutes les dépenses d'un hôpital de femmes établi à Varennes, où se trouvaient six lits desservis par trois religieuses hospitalières, qui tenaient aussi une école de jeunes filles. 

A propos de cette donation, une légende est racontée depuis fort longtemps. Des trois conteurs différents, maîtres en menterie, nous avons retenu cette version.




La légende de la pie voleuse


C'était une grande maison bourgeoise avec des dépendances avec de la forêt et le bois du Rey. Les propriétaires possédaient par ailleurs bon nombre de fermes et d'employés

Parmi ces employés se trouvait une servante qui s'occupait de l'entretien domestique. Cette pauvrette ouvrait chaque jour les fenêtres de la maison afin de l'aérer comme on le lui avait demandé.

Un jour les seigneurs du lieux s’aperçurent que des ustensiles de table, des cuillères et des fourchettes en argent, disparaissaient... Dans l'esprit des seigneurs la seule coupable possible ne pouvait qu'être que la servante. Ils appelèrent donc la maréchaussée et après un jugement expéditif, la pauvrette fut accusée de vol et elle fut incarcérée.

Un vol, des apparences trompeuses, des soupçons qui s’accumulent, une accusation qui s’instruit et c’est une vie qui bascule.  Après avoir clamé son innocence pendant de longues années, la servante mourut dans une petite cellule d'une prison. La légende dit qu'elle est morte dans un cachot à Moulins après quinze années d'incarcération.

Quelques années après, les propriétaires décidèrent de vendre des peupliers. Les bûcherons en coupèrent plusieurs. Et, oh surprise ! D'un de ses arbres se cachait le précieux butin. Cuillères, fourchettes et toute l'argenterie s'éparpilla au sol. On trouvera enfin la véritable coupable, une pie voleuse !

Les seigneurs, des honnêtes gens, s’aperçurent de leur méprise et furent pris de grands remords. Afin de se racheter, ils offrirent des messes et firent donation de cette seigneurie aux Frères de la Charité.

Aujourd'hui l'hospice est devenu un bel établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, c'est-à-dire un EHPAD.


Variante de la légende


La pauvre chambrière accusée d’avoir dérobé des bijoux fut pendue haut et court aux branches d’un arbre dans un champ qui, de nos jours, s’appelle encore le champ de la justice.


Origine et filiation de la légende  


La légende de la pie voleuse serait née à Palaiseau, ville de l’Essonne. Baudouin d’Aubigny et Louis-Charles Caigniez ont écrit une pièce de théâtre en trois actes : La Pie voleuse, ou la Servante de Palaiseau.  

Cette pièce de théâtre inspirera Gioachino Rossini qui en fera un opéra , La Pie voleuse. Écoutez l'ouverture sur Youtube, le thème vous le connaissez... Car Vous êtes mélomanes et parce qu'il a été et il est toujours utilisé pour des clips publicitaires...

La Pie voleuse  de Rossini, c'est un peu la voix venue d'ailleurs de la servante de Montoldre ...   


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